lundi 26 septembre 2016

Sondage du chapitre 1 : mes conclusions


Bonjour à tous!

Tout d’abord, un grand merci pour votre enthousiasme, vos réponses au sondage et vos commentaires (blogue, Facebook, ou message privé)! Ce fut d’une grande utilité pour moi!

Cet article fut le plus consulté de tous mes articles à ce jour. Par contre, très peu de réponses au sondage… probablement relié au fait d’avoir omis d’activer ce widget sur la version mobile. Désolée… La prochaine fois, j’y penserai, promis!

Pour revoir les 2 versions, consultez l'article précédent ici.


Résultats :

Version A : 9 votes (69 %), Version B : 4 votes (30 %)


Derrière quelle version se cachait celle que j’ai écrite en dernier?

Roulement du tambour… la version A! La B est l’ancienne, celle envoyée aux maisons d’édition. L’avantage de la B, c’est qu’elle a eu le temps de décanter… comme un bon vin! Contrairement à la A qui a été écrite, à partir de la B, mais seulement la veille de l’article, et sous un élan d’inspiration… Bien sûr, je préférais la A. Ma dernière version sera toujours ma préférée… J’imagine que c’est pareil pour tout le monde. 


Ce que représente la version B, selon moi :

On y retrouve beaucoup plus mon côté cartésien, organisé, plus sérieux, et qui suit les règles. Avec du recul, j’ai l’impression que ce texte est un peu coincé entre des murs de bonne conduite… Par exemple, quand vous vous habillez avec vos plus beaux habits et qu’ensuite vous passez votre temps à y faire attention pour ne pas l’abîmer ou le souiller, vous avez fière allure et vous passez tout de même une belle soirée, mais pouvez-vous dire que vous vous êtes vraiment amusés en libérant le feu de folie qui brûle en vous? Non. Vous sentiriez-vous alors libre et créatif, ou plutôt correct mais restreint? Pour moi, la version B est correcte, mais restreinte…


Ce que représente la version A, selon moi :

Un brin de folie… On y retrouve plus d’authenticité quant à la vision du personnage, son attitude, ses émotions. C’est vivant! On entre mieux dans la tête du personnage ce qui nous permet de mieux nous identifier à Célia. Cette version ne respecte pas toujours les règles de l’écriture, puisque certaines phrases ne contiennent aucun verbe. Mais je la trouve plus créative et possédant une meilleure mise en scène. J’y ai aussi inséré plus de questions que se pose le personnage, parfois suivies d’une brève réponse (exemples : « Aucune idée… » « Bonne question… »).  Je suis très heureuse que cette version ait plu à la majorité des répondants!


Ce que j’en ai compris :

En lisant vos commentaires, j’ai pu constater ce qui plaisait davantage dans la version A (ambiance, entrer plus dans la tête du personnage), dans la version B (mieux organisée, et plus rythmée, peut-être dû au fait de l’absence de trop de questions pour ralentir le rythme). J’ai aussi pu constater ce qui plaisait moins dans la version A (certaines longueurs ralentissant le rythme, moins bien organisée).

Avec l’aide de vos commentaires, ainsi que l’aide de ma cousine Isabelle et de son conjoint Robert (merci à vous deux), j’ai compris que ma version préférée, la A, n’était pas non plus à son meilleur. J’ai alors ouvert les yeux pour enfin vraiment voir ce qu’il fallait, et que je voulais, retrouver dans mon style d’écriture : de l’ambiance par une meilleure mise en scène, et plus d’authenticité dans les réactions des personnages (ce qui par la même occasion, ajoute parfois une petite touche d’humour additionnelle que j’aime bien).

Ce que j’ai réalisé, et là, je ne peux parler que pour mes propres écrits et en fonction du feedback que j’en ai eu de mes proches, c’est qu’une meilleure mise en scène apporte presque automatiquement un meilleur rythme et aussi un meilleur intérêt du lecteur. En effet, je crois que comme il se l’imagine et se l’approprie mieux, il s’y accroche plus.


Ce que j’en ai fait :

J’ai donc réécrit une nouvelle version A améliorée! Eh oui, encore! Et j’ai décidé d’entièrement réviser ma trilogie en fonction de ce style d’écriture qui j’espère vous plaira. Oui, l’ampleur de la tâche est décourageante. Mais ceux qui me connaissent vraiment savent à quel point je suis déterminée! J’espère que ça me permettra d’être publiée… D’ailleurs, quand j’aurai terminé la révision du tome 1, je l’enverrai à la dernière maison d’édition que j’ai trouvée dernièrement. Dernière tentative…


En conclusion…

Cette semaine, je peux donc dire que j’ai grandi! Je me trouvais sans doute dans mon petit cocon, puisque j’ai l’impression d’être enfin devenue papillon! Cette transformation s’est déclenchée en lisant la série « Lux ». Bref, j’ai l’impression d’avoir enfin compris comment moi, Yolaine, je voulais écrire. Plutôt que de suivre les règles à la lettre, comme la bonne élève d’école que j’ai toujours été, cette semaine, j’ai appris à oser m’amuser avec les mots! Et je crois que ce n’est que le début…


Ma nouvelle version A améliorée du chapitre 1. 

Vous plaît-elle? N'hésitez pas à la commenter...

— Livre de Célia —

(21 ans et 3 mois plus tard)


1

Nostalgie bienfaitrice


À 21 ans, je me trouvais exactement là où mes choix m’avaient conduite. Malgré tout, je me sentais comme une petite souris coincée dans une roue qui tourne sur place. Comme elle, je n’allais nulle part. Pas que j’étais malheureuse, non. Mais en moi, j’avais toujours cette drôle d’impression, comme si en fait, j’étais perdue dans un détour du chemin de ma vie. Le problème : j’ignorais comment m’en sortir…

En ce samedi après-midi d’été, les nuages chargés de pluie assombrissaient ma chambre. J’allumai ma lampe sur pied pour mieux voir. Appuyant mes deux mains sur la commode, j’approchai mon visage du miroir pour scruter chacun de mes traits. Ressemblais-je à ma mère, à mon père, ou étais-je un digne mélange des deux? Aucune idée... J’étais orpheline et j’ignorais tout de mes parents. Vers l’âge de 6 mois, on m’avait retrouvée sans rien pour m’identifier, le corps d’un homme également sans papier gisant mort à mes côtés. Même pas d’autopsie. Aucune photo ni effet personnel, juste un homme mort auquel personne ne s’était soucié de faire un test d’ADN. Tout cela me laissait dans l’ignorance. Je ne savais même pas s’il s’agissait de mon père ou non…

Dès lors, les services sociaux m’avaient prise sous leurs ailes. Comme il fallait me nommer, mes petites pommettes bien roses sur mon visage tout blanc leur avaient inspiré mon nom de famille : Rose. Et puisqu’une infirmière avait dit que j’étais un ange tombé du ciel, ils avaient choisi Célia comme prénom.

Jusqu’à mes 18 ans, plusieurs familles d’accueil m’avaient accueillie chez eux, mais aucune où je m’étais sentie vraiment à ma place. Et aucune avec qui j’avais gardé contact. Maintenant, je vivais seule dans un appartement à LaSalle, sur l’île de Montréal. Il comprenait quatre pièces et demie, et se trouvait en haut d’un triplex. Ce n’était pas très luxueux, mais c’était propre et en bon état.

Continuant à observer mon reflet dans le miroir, je me redressai, puis reculai pour avoir une meilleure vue d’ensemble. J’allongeai mes bras le long de mon corps en penchant la tête de côté. Mon père avait-il les bras aussi longs que moi? Je tournai d’un côté, puis de l’autre, fixant ma taille mince, mais presque aussi large que mes hanches. Peut-être une caractéristique provenant de ma mère… Mon regard remonta à mes bras dénudés, puis à mon visage. Je trouvais ma peau tellement blanche! Probablement une question de génétique, parce que malgré tout le temps passé au soleil, mon teint demeurait toujours aussi clair. J’approchai le haut de mon corps du miroir. Une longue mèche de cheveux presque noirs retomba sur mon front. Ma chevelure… un trait physique que j’aimais bien et qui, grâce à un petit amas de cheveux blancs se démarquant à l’arrière de mon crâne, me donnait l’impression d’être unique! Déviant mon regard à mes yeux, je les observai. Je les aimais bien aussi, pas tant pour leur couleur brune foncée, car bleu ou vert aurait probablement été plus joli, mais leur forme ouverte entourée de longs cils leur procurait un effet de douceur qui me plaisait bien.

Je passai au salon et m’assis sur le sofa, mes jambes recroquevillées sous moi. Il faisait chaud. Et ce temps humide n’aidait pas à rafraîchir l’air ambiant de mon logement. Mais vêtue d’un haut à bretelles, d’un pantalon court, et avec ma longue chevelure remontée en queue de cheval, je n’en souffrais pas trop. Je plongeai la main entre les coussins du sofa pour retrouver la télécommande. Elle passait son temps à s’y enfouir... J’allumai le téléviseur espérant me changer les idées. Au programme : des annonces publicitaires, un documentaire quelconque, du golf, encore des annonces… Agacée, j’éteignis le tout. Rien ne parviendrait à me distraire. Mes parents hantaient encore mes pensées. Et chaque fois, ça me rendait nostalgique. Qui étaient-ils? M’avaient-ils délibérément abandonnée ou étaient-ils décédés? Des questions auxquelles je n’obtiendrais probablement jamais de réponses…

Mon regard dévia à la fenêtre. La pluie y frappait la vitre en jouant de sa douce musique. Les gouttes d’eau s’écoulaient vers le bas en formant de longues et sinueuses coulisses, comme des larmes tombées du ciel. Je soupirai. Rien pour améliorer mon humeur… Une seule chose pouvait me réconforter et j’eus soudain envie d’aller la chercher, ne serait-ce que pour la serrer dans mes bras et sentir son odeur. Il s’agissait de l’écharpe de cuir dans laquelle on m’avait retrouvée, seul objet que je possédais ayant pu appartenir à mes parents. Par chance, les services sociaux avaient réussi à la conserver, malgré les dédales du système, et me l’avaient remise à mes 18 ans.
 À suivre...

samedi 17 septembre 2016

Extrait d’ONEIDA, mon roman. Votre aide SVP!




Bonjour! D’abord, je dois vous expliquer que des 3 maisons d’édition où j’avais envoyé mon tome 1, deux l’ont refusé. Et la troisième? Une réponse positive me surprendrait puisqu’ils ne semblent publier aucune romance et que mon histoire en contient. Dernièrement j’ai découvert une autre maison d’édition où je crois que mon roman cadrerait parfaitement. Mais après ces refus, je ne peux m’empêcher de penser que mon style d’écriture y est peut-être pour quelque chose… Et ce style, toujours en évolution, a encore changé depuis ma dernière version du tome 1. Cette fois-ci, j’ai l’impression de m’être vraiment trouvée. Il était temps après 7 ans! Je me demande donc si avant d’envoyer mon manuscrit à cette autre maison d’édition (sans doute ma dernière tentative) je ne dois pas plutôt le corriger pour l’adapter à mon style actuel. Mais cela en vaut-il la peine? Quel style plairait davantage aux lecteurs? Voilà pourquoi, avant de tout réécrire, j’ai besoin de votre aide, en fait, de votre opinion de lecteur. 

Voici donc deux versions des deux premières pages de mon chapitre 1. Pour vous mettre dans le contexte, je vous joins aussi le prologue mis à jour, où le style demeure inchangé puisqu’il convenait parfaitement à ce narrateur (différent des autres chapitres). Ensuite, SVP, je vous serais très reconnaissante si chacun pouvait répondre à la question du sondage (voir au-dessus du message) pour faire votre choix entre les deux versions. Un très gros merci d’avance à tous ceux qui prendront le temps de me lire et qui répondront au sondage!

Note sur le public cible : jeune adulte et adulte.



ONEIDA, tome 1: L'appel de la montagne
— Livre de Henry —

 Prologue (mise à jour 9 janvier 2017)




Pas à pas, sur le trottoir de cette sombre ruelle déserte, mes pieds avançaient péniblement. La semelle de mes bottes s’entêtait à frotter rudement la surface bétonnée, traînant de petits cailloux avec elle. Soudain, je heurtai un trou et trébuchai, intensifiant d’un cran la pourtant déjà si vive douleur. Par réflexe, j’appuyai sur mon ventre pour le soulager, avant de me rappeler que ça ne servait à rien. Toute vitalité me quittait… Je ne sentais d’ailleurs plus mes doigts ni mes orteils. Le froid de cette nuit d’avril en était-il la cause ou plutôt tout ce sang s’écoulant de mes blessures?
Je levai la tête et vis enfin, au loin, l’hôpital émerger d’entre les bâtiments. Oui… j’approchais du but. Comme pour faire le plein d’énergie, j’inspirai aussi profondément que mes blessures me le permettaient. Retrouvant ma détermination, j’usai de mes dernières forces pour poursuivre ma route. Je devais à tout prix m’y rendre. Pour moi, il était sans doute trop tard, mais elle, son avenir en dépendait.
Bien emmitouflée dans une épaisse écharpe de cuir que je portais en bandoulière, se tenait cette précieuse petite fille d’à peine six mois. De son doux regard, elle me fixait calmement. Sur son visage tout blanc, deux pommettes bien roses entouraient de minuscules lèvres. Et là, elles formaient un léger sourire qui semblait m’encourager à continuer… Oui, j’espérais qu’à l’hôpital on s’en occuperait bien et lui trouverait un bon foyer, parce que moi, je ne le pourrais désormais plus.
Je m’inquiétais que personne ne sache où nous nous trouvions. Pour sa sécurité, nous avions convenu que je l’accompagnerais et la protégerais en vivant dans un lieu secret… jusqu’à ses 18 ans, âge où je l’aurais ramenée vers les nôtres. Elle représentait notre unique chance de corriger l’erreur que nous avions commise. Mais maintenant, personne ne pourrait l’y préparer…
À chacun de mes pas, le poids de l’enfant se percevait de plus en plus dans les muscles de mon corps, mais rien ne devait m’arrêter. Il me fallait absolument parvenir à l’hôpital. J’y étais presque, il ne restait plus qu’à traverser la rue. Quand soudain, mes jambes refusèrent d’avancer. Non…! Pas maintenant! La mort ignora pourtant mes protestations. Et je sus que je ne pourrais plus continuer… Craignant de la blesser, aussi rapidement qu’il me fut donné de m’exécuter, je passai le porte-bébé au-dessus de ma tête et déposai l’enfant sur le sol. Juste à temps… avant de brusquement m’écraser par terre, la vie quittant doucement mon corps.
J’avais échoué… Sans moi pour tout lui expliquer, comment pourrait-elle savoir qui elle était et retourner là d’où elle venait? J’espérais de tout mon cœur que la vie saurait la protéger et lui montrer le chemin à suivre.


— Livre de Célia —

(21 ans et 3 mois plus tard)

Chapitre 1: Nostalgie 
Pour voir la dernière version, lisez l'article suivant ici.

  Version A
À 21 ans, je me trouvais exactement là où mes choix m’avaient conduite : à peu près nulle part. Il s’agissait de mes propres choix, j’aurais donc dû me sentir comblée, non? Mais ce n’était pas le cas et j’ignorais pourquoi. J’avais juste cette drôle d’impression, comme si je m’étais perdue, coincée dans un détour du chemin de ma vie. Le problème : je ne savais pas comment m’en sortir…
Célia Rose… Ce nom me convenait, mais mes parents ne l’avaient pas choisi pour moi. Les services sociaux l’avaient fait. Lorsque j’étais bébé, il paraît que de belles pommettes roses émergeaient de mon visage tout blanc, d’où l’inspiration de mon nom de famille. Vers l’âge de 6 mois, on m’avait retrouvée sans rien pour m’identifier. Le corps d’un homme, également sans papier, gisait mort à mes côtés. Comment avait-il été blessé? Personne n’en avait su plus. S’agissait-il de mon père? Nulle n’avait pu me le confirmer.
Jusqu’à mes 18 ans, plusieurs familles d’accueil m’avaient accueillie chez eux. Certaines meilleures que d’autres, mais aucune où je me sentais vraiment à ma place. Et aucune avec qui j’avais gardé contact. Dès ma majorité obtenue, j’avais trouvé le moyen de me payer un petit logement où j’habitais avec trois colocataires que je connaissais à peine. Depuis presque un an, j’avais pu emménager seule dans un appartement près du fleuve, à LaSalle, sur l’île de Montréal. Il comprenait quatre pièces et demie, et se trouvait en haut d’un triplex. Ce n’était pas très luxueux, mais c’était propre, en bon état, et ça me convenait.
Aujourd’hui, j’étais restée chez moi. J’aurais pu faire autre chose, mais je n’en avais pas envie. Je me sentais nostalgique, comme généralement chaque fois que je me questionnais sur mes parents biologiques. Les deux mains appuyées sur la commode de ma chambre, je me regardais dans le miroir, scrutant les traits de mon visage. Ressemblais-je à ma mère, à mon père, ou étais-je un digne mélange des deux? Aucune idée...
On me disait jolie. Peut-être. Mais moi, je trouvais mes bras un peu trop longs et ma taille, mince oui, mais presque aussi large que mes hanches. À qui le devais-je? Bonne question… Et que dire de la coloration de ma peau? D’une éternelle pâleur! Pourquoi si blanche? Probablement une question de génétique. À présent je l’acceptais, parce que je voyais bien que je n’y pouvais rien. J’avais beau passer du temps au soleil, mon teint demeurait toujours aussi clair.
Ce que je préférais, chez moi : ma chevelure. Sa couleur foncée presque noire contrastait très bien la pâleur de mon visage. En plus d’une mèche de cheveux blancs se démarquant à l’arrière de mon crâne et qui me donnait l’impression d'être exceptionnelle! J’aimais aussi mes yeux, pas tant pour leur couleur brune foncée, car bleu ou vert aurait probablement été plus joli, mais l’effet de douceur qu’ils procuraient à mon regard me plaisait bien… Tout compte fait, ce n’était pas si mal!
Je passai au salon pour m’asseoir sur le sofa. En quelque sorte, sa douceur me réconfortait. Mes bras entourant mes genoux recroquevillés sur moi, je dirigeai mon regard vers la fenêtre. La pluie frappait la vitre en jouant sa douce musique à mes oreilles. Les gouttes d’eau s’écoulaient vers le bas en formant de longues coulisses, comme des larmes tombées du ciel. Rien pour améliorer mon humeur…
Il faisait chaud. Et ce temps humide n’aidait pas à rafraîchir l’air ambiant de mon logement. Mais vêtue d’un haut à bretelles, d’un pantalon court, ainsi que ma longue chevelure remontée et maintenue à l’aide d’une pince à cheveux, je n’en souffrais pas trop. À vrai dire, je n’y pensais même pas. Rien ne parvenait à me distraire de ma nostalgie. Je songeais à mes parents que je ne connaissais pas. J’ignorais tout à leur sujet : qui ils étaient, d’où ils venaient, s’ils m’avaient délibérément abandonnée ou s’ils étaient décédés. J’aurais bien voulu connaître mes racines. Comment bien me définir sans elles? J’essayais, mais il manquait toujours certaines pièces au puzzle.
    J’eus soudain une idée. Je me levai du sofa pour aller chercher la seule chose qu’il me restait de mes parents : l’écharpe de cuir dans laquelle on m’avait retrouvée. Les services sociaux l’avaient conservée en souvenir pour moi. On me l’avait remise à mes 18 ans, quand j’avais décidé de voler de mes propres ailes, sans leur supervision. Je voulais sentir son odeur, je l’avais oubliée, et la serrer contre moi pour me consoler.

Version B
À 21 ans, je me trouvais exactement là où mes choix m’avaient conduite. Pourtant, je ne m’y sentais pas à ma place. J’avais l’impression de m’être perdue dans l’un des détours du chemin de ma vie…
On me disait jolie, mais ce n’était pas tout à fait l’image que j’avais de moi-même. Je trouvais mes bras un peu trop longs et ma taille, mince oui, mais presque aussi large que mes hanches. J’enviais les femmes à la taille fine et prononcée… Et quoi dire de mon teint? Je me trouvais tellement blanche! J’avais beau passer du temps au soleil, mais rien n’y changeait. Je n’arrivais même pas à attraper un simple petit coup de soleil!
Ce que je préférais, chez moi, était ma chevelure. Sa couleur foncée presque noire contrastait très bien mon teint clair. En plus, une mèche de cheveux blancs se démarquait à l’arrière de mon crâne, me donnant l’impression d'être exceptionnelle… J’aimais aussi mes yeux, pas tant pour leur couleur brune foncée, car bleu ou vert aurait probablement été plus joli, mais l’effet de douceur qu’ils procuraient à mon regard me plaisait bien… Tout compte fait, ce n’était pas si mal!
Célia Rose… Ce nom, les services sociaux l’avaient choisi pour moi. Lorsque j’étais bébé, il paraît que de belles pommettes roses émergeaient de mon visage tout blanc, d’où l’inspiration de mon nom de famille. Vers l’âge de 6 mois, on m’avait retrouvée sans rien pour m’identifier, le corps d’un homme, également sans papier, gisant mort à mes côtés. Comment avait-il été blessé? Personne n’en avait su plus. S’agissait-il de mon père? Nulle n’avait pu me le confirmer.
Jusqu’à mes 18 ans, j’avais eu plusieurs familles d’accueil, bonnes et moins bonnes, et tous m’avaient un jour abandonnée. Dès ma majorité obtenue, j’avais trouvé le moyen de me payer un petit logement où j’habitais avec trois colocataires que je connaissais à peine. Depuis presque un an, j’avais pu emménager seule dans un appartement situé près du fleuve, à LaSalle, sur l’île de Montréal. Il comprenait quatre pièces et demie, et se trouvait en haut d’un triplex. Ce n’était pas très luxueux, mais c’était propre, en bon état, et ça me convenait.
Assise bien confortablement sur le divan de mon salon, mes bras entourant mes genoux recroquevillés sur moi, je regardais par la fenêtre. La pluie frappait la vitre pour ensuite s’écouler vers le bas sous forme de coulisses, comme des larmes tombées du ciel jouant sa douce musique à mes oreilles. Il faisait chaud. Et ce temps humide n’aidait pas à rafraîchir l’air ambiant de mon logement. Mais vêtue d’un haut à bretelles, d’un pantalon court, ainsi que ma longue chevelure foncée remontée et maintenue à l’aide d’une pince à cheveux, je n’en souffrais pas trop.
J’aurais pu faire autre chose, mais j’étais restée chez moi. Je me sentais nostalgique… Je pensais à mes parents biologiques que je n’avais jamais connus. J’ignorais tout à leur sujet : qui ils étaient, d’où ils venaient, s’ils m’avaient délibérément abandonnée ou s’ils étaient décédés. J’aurais bien voulu connaître mes racines. Ça m’aurait permis de mieux me définir, car en ce moment, il manquait certaines pièces à ce puzzle…
Je me levai du sofa pour aller chercher la seule chose qu’il me restait de mes parents : l’écharpe de cuir dans laquelle on m’avait retrouvée. Les services sociaux l’avait conservée en souvenir pour moi. On me l’avait remise à mes 18 ans, quand j’avais décidé de voler de mes propres ailes, sans leur supervision.

Pour la suite de cet article, mes conclusions du sondage et la nouvelle version de cet extrait qui en découle, lisez l'article suivant ici.